La commission Smart City Medinsoft s’est tenue à l’Hôtel de ville d’Aix-en-Provence le XX avril. Pas question de rêver à un hypothétique futur, mais de dresser un bilan de 24 mois d’expérimentations fructueuses dédiées à l’IoT de la Smart City dans la région Sud. Ces actions ont été impulsées les deux co-présidents de Medinsoft : Kevin Polizzi, président de Jaguar Network et Olivier Cazzulo, président de NetSystem. De plus, Jacques Bucki, ambassadeur de l’association Smart Buildings Alliance et Sophie Caste, directrice de l’innovation numérique et des systèmes d’information de la ville d’Istres ont contribué aux succès de ces expériences qui préfigurent la ville de demain, agile et durable, en symbiose avec ses usagers.

 

Smart City et Smart Territoire, pourquoi la mobilité est-elle un axe essentiel ?

 

Il est important d’avoir une vision globale sur les parcours des usagers.

Comment améliorer les échanges entre les pôles industriels, d’éducation, de tourisme, tout en prenant en compte le manque parfois criant de stationnements et de transports en commun dans la Métropole Aix Marseille Provence ?

Pour optimiser, il faut d’abord mesurer. C’est le rôle par exemple des caméras de comptage, plus économiques et plus faciles à mettre en place que des systèmes intégrés dans la chaussée. Trafic, vitesse, nombre de passagers, toutes ces données ont permis de proposer des solutions adaptées.

Caméras mises en place pour le comptage des véhicules sur l’autoroute

Celles-ci sont regroupées par Medinsoft dans une liste de 13 propositions concrètes et applicables immédiatement :

Chantier #1 : Optimisation de la voirie
1. Organisation du covoiturage entre particuliers
2. Développement des parcs de stationnement relais et stationnements collaboratifs
3. Généralisation des sites propres pour les bus interurbain sur BAU, voire pour les covoitureurs.
4. Stationnement 2.0 : politique tarifaire, prédictibilité, véhicules ventouses, …

Chantier #2 : Optimisation du temps des personnes
5. Mobilité des enfants : big data des horaires 7h30 / 8h00 / 8h30
6. Tarifs préférentiels pour écoliers et étudiants de tous cycles
7. Transports connectés 4.0 : généralisation du wifi, de la 4G, création de portails de services
8. Développement d’une application mobile métropolitaine de covoiturage

Chantier #3 : Optimisation de l’information aux utilisateurs
9. Installation de bornes interactives pour les parkings en bordure de ville et développement de son application
10. Faire de “Le Pilote“, site internet commun aux collectivités et transporteurs des Bouches-du-Rhône, un service d’avant-garde d’intermodalité

Chantier #4 : Optimisation du fonctionnement des zones d’activités
11. Aménagement de nœuds d’échanges clés, comme Vitrolles
12. Solutions de desserte du dernier kilomètre grâce à des navettes autonomes par exemple
13. Généralisation des technologies visant à optimiser la chaine logistique : serrures connectées et QRcode entre autres

 

La région Sud peut compter sur des villes fortement impliquées, véritables laboratoires de la Smart City

 

Sophie CASTE, directrice de l’innovation numérique et des systèmes d’information de la ville d’Istres, a présenté une infographie récapitulative des avancements en cours : Connectivité et transformation sont de mise dans de plus en plus d’aspects du quotidien, et de nombreux investissements IoT sont dédiés à la qualité de l’air pour les enfants.

En partenariat avec HDSN, la ville a notamment mis en place de nombreux capteurs dans les crèches et les maternelles de la ville. Un objectif, veiller à la santé des tout-petits en mesurant en permanence qualité de l’air, température ou taux de dioxyde carbone dans leurs espaces de vie. Toute anomalie est remontée à la direction de l’établissement qui peut intervenir au plus vite pour corriger le problème.

 

L’internet des objets connectés au service des usagers, des élus et des collectivités territoriales

 

Les solutions IoT servent à faire de la prévention, mais permettent également d’avoir un impact immédiat. Elles participent à une économie d’échelle pour les services publics en permettant un contrôle des coûts tout en offrant de meilleurs résultats aux citoyens.

À Saint-Mitre dans les Bouches-du-Rhône, c’est par exemple le réseau électrique public qui a permis de faire des économies substantielles à la ville. État de la consommation, alertes sur les ampoules défectueuses, éventuels piratages du réseau, le suivi en temps réel permet d’apporter des solutions en direct. Les élus peuvent également visualiser les budgets calculés par l’application pour anticiper les dépenses. Pour Aix-en-Provence, l’objectif principal est l’amélioration de la qualité de vie. Très attachée au confort de ses habitants, la ville expérimente des solutions cross-canal dans plusieurs quartiers.

En analysant les données de multiples capteurs, on peut par exemple mesurer de quelle façon la piétonisation d’un quartier impacte la qualité de l’air et la fréquentation des commerces sur ce secteur. L’éclairage public et l’arrosage automatique vont s’adapter en fonction de la luminosité et des températures, et la gestion des déchets sera optimisée grâce à des poubelles connectées. Reliés à leur ville grâce à une application, les Aixois pourront tout autant bénéficier d’informations pratiques que signaler la moindre anomalie en pouvant compter sur la réactivité des services concernés.

 

L’amélioration de la qualité de l’air est une des priorités de la région Sud

 

Soutenue par la Commission européenne, la DIAMS (DIgital Alliance for aix-Marseille Sustainibility) est un projet de 3 ans visant une meilleure efficacité des plans d’actions locaux, notamment en mettant en commun les données récoltées par les différents acteurs concernés. Il s’agit ensuite de créer des solutions pérennes faisant appel à la créativité et à l’expertise des citoyens et du secteur privé. La région Sud étant connue pour sa forte activité industrielle, c’est un challenge qui s’inscrit dans une volonté d’écrire un avenir durable au territoire. Dernier axe évoqué lors de cette commission Medinsoft, la notion d’achats innovants, ici au service de l’habitat, ou comment les outils technologiques créés peuvent permettre de protéger personnes et biens. De nombreux cas d’usages sont donnés en exemple, proposant autant d’axes de travail et de solutions pour le futur :

  • Identification de l’habitat indigne
  • Identification de personnes en grande difficulté, dépendantes ou isolées
  • Pilotage de la qualité de l’air et des polluants
  • Identification de gaz, solvants et produits nocifs
  • Maintenance prédictive des infrastructures
  • Solutions de sécurité pour garantir le bon voisinage
  • Gestion automatisée de l’asset management
  • Détection précoce des incendies
  • Report d’alerte vers le centre de supervision ou les services généraux
  • Confirmation et validation du nettoyage des parties communes
  • Construction d’offres spécifiques et sur mesure

À ce titre, Jaguar Network est déjà fortement impliqué avec 13 Habitat

Son dispositif “Spectre”, véritable nez électronique, a été mis en place dans les parties communes de plusieurs immeubles du bailleur. Cette expérimentation vise à optimiser les opérations de maintenance de l’office HLM du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône en détectant et anticipant les problèmes d’équipement et de fonctionnement tels que fuites d’eau, prolifération d’insectes ou pollution de l’air.

Ce premier bilan n’était qu’un aperçu de toutes les possibilités envisageables pour les villes de demain, à nous de continuer d’avoir la curiosité et l’audace du changement.